Avec les biches de Knole Park, ou au beau milieu d'un film Disney... c'est du pareil au même!

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Après 3 ans en Angleterre, Martine, une Boulonnaise de 26 ans, a décidé de revenir vivre à Boulogne ! Assistante de Français puis Gestionnaire dans une boîte d'assurance chez les Anglais, Martine est heureuse de revenir en France, à Boulogne particulièrement, une ville qui a un énorme potentiel selon elle. Elle s'exprime aujourd'hui dans l'Interview du Lundi sur Boulognelifestyle.com.

Salut, peux-tu te présenter ? 
Bonjour, moi c’est Martine, j’ai 26 ans. Jusqu’à il y a trois ans, j’ai toujours vécu dans le Boulonnais, où je suis née et où j’ai fait mes études en prépa et en fac’ d’anglais, en faisant un crochet par Lille 3 pour mon Master de Lettres et Cultures Européennes. Je reviens tout juste du sud de l’Angleterre où j’ai passé trois ans, comme assistante de français puis comme gestionnaire dans une boîte d’assurances. 


Pourquoi avoir vécu en Angleterre ? 
Sans entrer dans des détails trop personnels, j’étais arrivée à un point de ma vie où j’avais besoin d’un vrai changement. Et, coïncidence – ou destin -, juste après avoir pris cette décision de me lancer dans quelque chose de radicalement nouveau, mon prof d’anglais à l’université m’a parlé de la possibilité de vivre en Angleterre pour un ou deux ans, en tant qu’assistante. J’ai tout de suite su que c’était ce qu’il me fallait, et je me suis lancée dans l’aventure – ou plutôt dans les montagnes de paperasse pour partir à l’aventure. Quelques mois après, je recevais le tant attendu email me donnant mon lieu de destination. Je n’ai jamais douté de ma volonté de partir. C’est aussi parce que je pense que, professionnellement, la maîtrise d’une langue étrangère est un plus non-négligeable.


Boulogne ne te manquait pas trop ? 
Alors, oui et non... je m’explique ! Au début de mon séjour, bien sûr, Boulogne me manquait. Et plus que Boulogne, les gens que je connais ici. Je venais de débarquer dans un pays où je ne connaissais personne. Puis j’ai rencontré des gens, principalement des expatriés, comme moi, mais également quelques Anglais. J’ai aussi commencé à découvrir le Royaume Uni – et je n’ai jamais vraiment arrêté de tout mon séjour, en fait. J’ai multiplié les voyages et les expériences : j’ai visité l’Ecosse, l’Irlande, parcouru une bonne partie de l’Angleterre, je suis allée à des dizaines de concerts et pièces de théâtre, j’ai rencontré des gens géniaux, j’ai sauté à l’élastique... donc Boulogne me manquait un peu moins dans ces moments. En plus, j’y revenais régulièrement, surtout pendant mes deux premières années (grâce aux vacances scolaires), et je recevais souvent des amis et de la famille. 

 

A la découverte de l'Île de Wight, ici au St Catherine's Lighthouse

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Pourquoi revenir à Boulogne cette année ? 
Deux éléments m’ont motivée. Ce qui me plaisait le plus dans ma vie anglaise était une sorte de sentiment d’urgence que je ressentais : il fallait que j’en profite avant que ça ne soit la fin de l’aventure. Mon contrat à Walthamstow Hall School fini, ce sentiment d’urgence n’existait plus. J’avais trouvé un appartement, un job à plein temps avec des horaires de bureau, et je me suis vite aperçue que cette idée de permanence, de train-train quotidien, n’était pas ce que je souhaitais de ma vie en Angleterre. Il y a ça, et aussi le fait que mes amis, ma famille et ma petite vie boulonnaise me manquaient de plus en plus. A chaque fois que je passais quelques jours « à la maison », je rentrais un peu triste, voire plus qu’un peu parfois. J’ai beaucoup d’amis musiciens, par exemple, et ça me brisait le cœur de dire « non » à chaque invitation à leurs concerts. Le choix du retour s’est donc vite imposé, même s’il comporte beaucoup de défis, entre la régulation de ma situation d’expatriée de retour en France et ma recherche de travail.


La vie anglaise ne va-t-elle pas trop te manquer ? 
J’ai fait des stocks de vrai thé anglais avant de revenir ! (rires) Plus sérieusement, oui, bien sûr que certains aspects de ma vie anglaise vont me manquer. Par exemple, je vivais à moins d’une heure de Londres : le fait de pouvoir me dire, le matin au réveil, que je peux aller passer la journée dans l’une des plus belles villes du monde va me manquer. Je suis vraiment tombée amoureuse de Londres. Il y a tout dans cette ville, absolument tout : c’est un bouillon de culture, de gens, d’activités, où il est impossible de s’ennuyer. Les Anglais aussi vont me manquer : on aime bien se moquer d’eux, en France, mais ce sont des gens assez géniaux, quand même (oui, malgré le Brexit, je continue de le penser) ! Accueillants, ouverts d’esprit, polis, qui ne râlent pas... et cet accent so British ! Et enfin, il y a une grosse poignée de gens qui vont me manquer, mais je sais que je les reverrai vite. C’est une idée qui me réconforte un peu, pour être honnête : j’ai vécu en Angleterre, et pas à l’autre bout du monde, même si ça y ressemblait parfois, tant les choses peuvent paraître différentes. Je sais qu’il n’y a qu’un bras de mer à traverser pour revoir les gens et les lieux qui vont me manquer. 


Comment trouves-tu Boulogne actuellement ? 
Boulogne m’a toujours tenu à cœur. J’adore cette ville. J’y ai de très bons souvenirs et veux en créer d’autres. Et pourtant, depuis mon retour, elle me semble un peu triste et terne, avec tous les magasins fermés par exemple. Ce qui est dommage, car Boulogne possède un énorme potentiel, une énorme richesse à exploiter. Si on cherche un peu, et on n’a vraiment pas besoin d’aller loin, il y a ici des tas de gens qui fourmillent d’idées, d’envies, et qui sont prêts à les réaliser. Je le vois quand je suis avec mes amis, et je me retrouve aussi dans cette description. Artistes, entrepreneurs, jeunes motivés... je pense que c’est sur eux que la ville doit miser pour se réveiller, parce que c’est comme ça que je la préfère, vivante et animée.


 

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Pourquoi ne pas revenir en Angleterre dans quelques années ? 
Il ne faut jamais dire « jamais », donc  je ne sais pas. Ce n’est absolument pas à l’ordre du jour, mais peut-être que dans quelques années, ma réponse changera... Qui sait, ce n’est peut-être même pas en Angleterre que j’irai mais en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis ou ailleurs ? En tout cas, l’idée, aujourd’hui, est plutôt de rester dans les parages. 


Un conseil pour celles et ceux qui rêvent de vivre en Angleterre ?
Je n’ai qu’un seul conseil : n’hésitez pas ! J’y ai passé trois années géniales, très enrichissantes aussi bien personnellement que professionnellement, et j’ai maintenant une belle collection d’anecdotes, de souvenirs, tous assez incroyables. Partir vivre à l’étranger peut faire peur, mais le jeu en vaut la chandelle. Et il n’y a nul besoin d’être bilingue : le meilleur moyen d’apprendre est justement d’être sur place, pour être obligé de sortir de sa zone de confort. Donc voilà mon seul conseil : foncez ! Allez-y ! Et, au pire, si ça ne vous plaît pas, Boulogne n’est pas si loin que ça du Royaume-Uni !

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